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Plus que jamais, vivons la communion fraternelle
Publié le 19/11

Lundi, nous avons appris que le premier ministre nous demandait de faire un effort supplémentaire sur ce qui, pour nous, est au cœur de la vie ecclésiale. Nous vivons cette demande des pouvoirs publics de manières différentes suivant notre âge, notre histoire, que nous soyons membres du clergé ou laïcs.

Ce qui est sûr, c’est que cette situation ne laisse personne indifférent. Chacun y va de son commentaire.

Certains attendent de ma part une parole forte qui aille dans leur sens. Mais je suis comme vous, à la fois je veux retrouver des fidèles et en même temps je veux prendre soin de chacun. Dans un fameux passage de l’évangile selon saint Matthieu (Mt 12,25) Jésus nous dit : « Tout royaume divisé contre lui-même devient un désert ; toute ville ou maison divisée contre elle-même sera incapable de tenir. » Ne cherchons pas à opposer les différents engagements des personnes. Chacun, avec sa conscience, cherche à suivre le Christ et à le servir.

La plupart d’entre nous vivent ce deuxième confinement avec difficulté. Nous sommes inquiets pour nos familles, nous sommes parfois éloignés de ceux qui nous sont chers. Nous sommes touchés directement ou indirectement par la crise économique qui nous frappe. Nous traversons une crise sanitaire inédite et nous n’avons aucune visibilité sur les semaines et les mois qui viennent.

Face à cette situation inquiétante et stressante pour beaucoup, réconfortons-nous les uns les autres, apportons-nous mutuellement le soutien moral et matériel nécessaire. Ayons de l’inventivité et demandons à Dieu la grâce d’anticiper les besoins de nos proches et nos voisins ; pensons à ceux et celles qui sont seuls, fragiles : notre charité doit être en éveil.

Prions les uns pour les autres et soyons fraternels en faisant confiance à l’Esprit Saint. Intéressons-nous à chacun. Réfléchissons, pesons nos paroles et cherchons à comprendre. Nous sommes un corps avec des charismes et des sensibilités multiples et c’est ce qui en fait la beauté. Un corps blessé, mais un corps sauvé par le Christ. C’est notre espérance.

Demandons au Seigneur de nous éclairer en redisant cette simple prière de la bienheureuse mère Teresa :

« Seigneur crucifié et ressuscité,
Apprends-nous à affronter,
Les luttes de la vie quotidienne,
Afin que nous vivions dans une grande plénitude.
Tu as humblement et patiemment accueilli les échecs de la vie humaine,
Comme les souffrances de la crucifixion.
Alors les peines et les luttes que nous apporte chaque journée,
Aide-nous à les vivre comme des occasions de grandir et de mieux te ressembler.
Rends-nous capable de les affronter, plein de confiance en ton soutien.
Fais nous comprendre que nous n’arrivons à la plénitude de la vie
Qu’en mourant sans cesse à nous-même et à nos désirs égoïstes.
Car c’est seulement en mourant avec Toi que nous pouvons ressusciter avec Toi.
Que rien désormais ne nous fasse souffrir ou pleurer
Au point d’en oublier la joie de ta résurrection. »


Bien fraternellement,

+ Jean-Yves Nahmias
Évêque de Meaux