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Homélie de Mgr Pansard, Évêque d’Evry-Corbeil-Essonnes - Lundi 9 décembre 2019
publié le 17/12/2019

Chers jeunes, frères et sœurs bien-aimés de Dieu, la fête de ce jour nous invite à découvrir et à vivre ce que nous sommes aux dires de l’Apôtre : « dans l’amour, saints et immaculés,sous le regard de Dieu ». Mais si simple de vivre sous le regard de Dieu ?

La Vierge Marie reconnait que le Seigneur l’a regardée, qu’il s’est penché sur son humble servante. Dans l’Évangile, nombreux sont ceux qui se laissent regarder par le Seigneur. Comme Marie, comme Zachée, comme Pierre, comme le bon larron, en ce jour de fête, laissons-nous regarder par le Seigneur !
Laisse-toi regarder par le Christ car il t’aime !
Ce matin, pour être des serviteurs de la paix, devant ce regard qui pardonne, transforme et transfigure, reconnaissons que nous sommes pécheurs.

Chers jeunes bien-aimés de Dieu, la fête de ce jour nous invite à vivre sous le regard de Dieu. Mais si simple de vivre sous le regard de Dieu ?

Le livre de la Genèse, en évoquant le commencement de l’aventure humaine, médite sur la condition humaine de tous les temps. Il évoque la relation des hommes à Dieu et entre eux. Ces relations sont vite mises à mal par le repli sur soi. C’est cela le péché ! Le repli sur soi, la crispation sur soi entraine les hommes dans une relation de peur et de méfiance à l’égard de Dieu mais aussi dans des relations de méfiance et d’accusation entre eux : Ce n’est pas moi, c’est l’autre : Adam accuse sa femme, la femme le serpent.

Ils se cachent. Ils ne veulent plus être regardés par Dieu. Ils ont peur de son regard. Ils se sentent menacés par son regard. Ils ne considèrent plus dans une relation de confiance, de proximité ou d’amitié avec Dieu. Ils se sont laisser entrainer dans un rapport de force, de concurrence, de méfiance.

Reconnaissons-le, la confiance en Dieu, la confiance entre nous, la confiance entre des peuples aujourd’hui comme hier, ne va pas de soi. Bien des paroles susurrées à nos oreilles ou dans notre cœur nourrissent un soupçon à l’égard de Dieu, à l’égard des autres.
- Dieu, n’est-il pas un concurrent limitant notre liberté ? Ne faut-il pas le mettre hors-jeu, hors de notre vie pour être vraiment nous-même, libre et autonome, débarrassés de toute dépendance et d’agir en toute chose comme si tout dépendait de moi ?
- Ne faut-il pas tout miser sur la science, la connaissance avec le pouvoir qu’elle confère pour la prise en main de notre propre vie ? C’est aussi ce qui se vit entre groupes ou peuples différents. -Ne sont-ils pas des gêneurs, des agresseurs, des envahisseurs ?
- Ne faut-il pas les mettre hors-jeu en leur imposant des conditions de paix qui les humilient, les rabaissent.
- Ne faut-il pas compter sur nos forces, nos armes ou encore bâtir des murs pour s’assurer de la paix.

Vous êtes invités aujourd’hui à réfléchir : comment bâtir une paix véritable en mémoire du vœu de Mgr Marbeau pour protéger la ville de Meaux des horreurs de la guerre et de la destruction.Il a refusé de fuir et de se mettre à l’abri pour rester avec tous ceux qui ne pouvaient pas fuir, les plus petits, les plus pauvres.
Vous savez que la paix ne se réduit pas à une absence de guerre.

La paix ne peut durer que si après un conflit nous sommes capables de mettre en œuvre
- non des chemins de vengeance mais des chemins de réconciliation,
- non de chemins de haine ou d’humiliation mais des chemins de justice.
Ces chemins ne sont possibles que s’ils sont portés par un regard et par un engagement de vie qui croient et espèrent que le mal n’est pas la bonne réponse au mal, que l’injustice n’est pas la bonne réponse à l’injustice, que la violence n’est pas la bonne réponse à la violence. C’est le chemin que propose les livres de la première et de la nouvelle Alliance, ces écritures font retentir l’écho de la parole engagée de Dieu pour les hommes qu’Il aime.

Le passage du livre de la Genèse a aussi attiré notre attention sur le regard de Dieu. « où es-tu ? »(Gn 3, 9). Ce cri traverse les écritures. Elles témoignent d’un Dieu qui cherche l’homme. Nous disons souvent que nous sommes des chercheurs de Dieu. Les écritures nous invitent à découvrir que Dieu le premier nous cherche. Dieu, le premier vient vers nous. Il entre en dialogue avec nous.En venant à notre rencontre, Il provoque des mises au point, des ajustements nécessaires. Il propose une alliance à des partenaires d’alliance comme dans le récit de l’Annonciation.

Nous connaissons bien cette scène évangélique de l’Annonce à Marie. Elle ne se déroule ni à̀ Jérusalem la sainte,ni à̀ Athènes la savante,ni à Rome, la puissante mais dans une petite bourgade quasi inconnue de Galilée, Nazareth. Elle commence par une salutation : « Je te salue comblée de grâce »et le messager poursuit à la manière des prophètes saluant Jérusalem, à la manière de la liturgie qui nous rassemble : « Le Seigneur est avec toi...Le Seigneur est avec vous ». Il ne suffit pas de l’écrire sur des boucles de ceinturons de soldats ou sur des billets de banque pour laisser vraiment Dieu être avec nous.

Cette salutation « le Seigneur est avec toi, est avec vous »nous rappelle que Dieu n’entre jamais chez nous par effraction, mais toujours avec délicatesse, c’est toujours « si tu veux », « si tu savais le don de Dieu »... Quand Dieu entre en relation, il respecte la liberté et la dignité de chacun. L’amour de Dieu pour Marie ne crée pas une dépendance aliénante. « Comblée de grâce »Marie n’est pas un pantin manipulé par Dieu. « Comblée de grâce »en vue de la coopération que Dieu attend d’elle, ce don va la faire vivre. Ayant reçu la grâce, le don qui la rend capable de devenir Mère du Fils de Dieu ;il était nécessaire qu’elle accueille et dise oui à cette grâce. Sainte et immaculée dans l’amour sous le regard de Dieu pour reprendre l’expression de Paul, totalement libre Marie ne dit pas comme nous le faisons souvent : « oui, je vais le faire ». C’est comme si elle disait maintenant que j’ai mieux compris ce que tu attends de moi, Oui, fais-le ! ; « Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole. »Lc 1, 38
Le projet auquel elle consent devient l’orientation de sa vie, le don de sa vie. Elle consent à laisser le Seigneur agir en elle et par elle.Cette fête nous assure que l’homme qui vit sous le regard de Dieu ne devient pas plus petit, mais plus grand, il devient vraiment lui-même. Car la confiance en Dieu élargit le regard et le cœur aux humbles, aux affamés, à ce qui est bon et nouveau de la part de Dieu pour les hommes .Elle nous aide à trouver les chemins d’une paix durable.

Ce jour de fête, nous invite, comme Marie,à nous laisser regarder par Dieu ! C’est bien ainsi que l’apôtre Paul a décrit les croyants que nous sommes par ces mots : « dans l’amour, saints et immaculés,sous son regard ». Être sous le regard de Dieu signifie être regardé et touché par son amour. Se laisser regarder par Lui, c’est être mis en lumière, dans sa lumière. Se laisser regarder par Lui, c’est entrer dans un regard réciproque entre Dieu et l’homme qui nous atteint au plus intime et nous transforme.
Vivre « dans l’amour, saints et immaculés devant Dieu », nous rappelle que notre vie de chrétien, de disciples-missionnaires n’est pas de nous regarder nous-même, mais d’être comme Marie, au service de la relation de Dieu avec les hommes et des hommes et des peuples entre eux, en apprenant à regarder les autres, nous-même et le monde avec le regard même de Dieu.

Le temps de l’Avent est un temps de veille, de vigilance pour apprendre à regarder avec ce regard de Dieu. Ce regard est un bon antidote contre les aveuglements de notre regard qui étouffent nos capacités d’agir, de parler, de nous indigner ou de nous convertir. Il est si facile de se laisser entrainer dans un regard désabusé, indifférent ou fuyant, devant les grandes difficultés que vivent tant d’hommes et de femmes aujourd’hui...mais ce regard ne construit pas la paix, il nous replie sur nos même et nos fausses illusions.
Il prépare des violences et des guerres.

Je vous rappelle cette invitation du Pape François :« Celui qui risque, le Seigneur ne le déçoit pas, et quand quelqu’un fait un petit pas vers Jésus, il découvre que celui-ci attendait déjà sa venue à bras ouverts... Personne ne pourra nous enlever la dignité que nous confère cet amour infini et inébranlable. Il nous permet de relever la tête et de recommencer, avec une tendresse qui ne nous déçoit jamais et qui peut toujours nous rendre la joie. Ne fuyons pas la résurrection de Jésus, ne nous donnons jamais pour vaincus advienne que pourra. Rien ne peut davantage que sa vie qui nous pousse en avant ! » dans La joie de l’Évangile n°3

Amen


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